Le roi des oies * Kralj gusaka
Jovan Zivlak, Јован Зивлак (2014): Le roi des oies = Kralj gusaka : anthologie poétique. Paris : L'Oreille du Loup, 2014 (Mayenne : Jouve) | 105 str. ISBN: 978-2-917290-41-5
DÉJEUNER DIVIN DONC
je me suis privé de l’effort
de prouver la totalité de l’existence.
la clé tourne et grince
dans la serrure. un cliquetis comme quand tu frappes d’une cuillère
le bord de l’assiette. l’existence
la vie
l’être
tout ça est sans ambiguïté et
d’une transparence infiniment pure. il suffit
de dire j’existe même sans adjectifs merveilleux.
au loin la forêt frémit et parle
dans des langues diverses. seule la surdité ne peut pas
comprendre le discours fluide pendant le repas
quand les couverts durs renouvellent
le cliquetis essentiel. donc
une taupe vermille la terre
déjeuner divin
lois magnifiques
livres
ciseaux
exercices d’anatomie. la voix du peuple immortel
se multiplie et tombe sur moi
comme la poussière.
DAKLE BOGOVSKI RUČAK
lišio sam se napora
da dokazujem sveopšte postojanje.
ključ se okreće i škripi
u bravi. zveket kao kad udariš kašikom
o ivicu tanjira. postojanje
život
biće
sve je to nedvosmisleno i kao
prozirnost beskrajna čisto. dovoljno je
reći postojim i bez prideva krasnih.
šuma u daljini drhturi i mnogovrsnim
jezikom zbori. samo gluvoća ne može
da shvati tečan govor za obedom
gde tvrdi pribor suštastveni zveket
obnavlja. dakle
krtica zemlju rije
bogovski ručak
veličanstveni zakoni
knjige
makaze
vežbe iz anatomije. glas besmrtnog naroda
umnožava se i pada po meni
kao prašina.
JOYEUSEMENT À UN ÉVÉNEMENT LIÉ
sur les fondations de ceci ou cela
il faudrait continuer de construire.
par exemple un mur qui se lève verticalement
au-dessus de la surface du sol.
sans gaspillage
légèrement avec confiance
brique sur brique
une mélange de ciment de chaux
de langue. empiler lancée
après lancée
lever le regard vers ce qui monte plus haut
sous une ligne tracée par un crayon
de plomb. ça c’est la maison.
je me couche enroulé dans un drap : la chaleur
la connaissance. moi je peux
descendre là-bas. me promener. observer
la vie etc.
mais le morceau de sucre se dissout
et l’eau bout.
joyeusement à un événement lié
je ne bouge pas.
RADOSNO ZA DOGAĐAJ VEZAN
na temeljima ovog i onog
trebalo bi nastaviti gradnju.
recimo zid vertikalno uzdignut
nad linijom tla.
nimalo rasipnički
lagano s pouzdanjem
opeku na opeku
mešavinu cementa kreča
jezika. nizati zamah
na zamah
uzdizati vid na veću visinu
pod crtu povučenu grafitnom
olovkom. to je dom.
ležim uvijen u plahtu: toplina
znanje. što se mene tiče mogu
sići dole. prošetati. osmotriti
život itd.
ali kocka šećera se rastvara
i voda vri.
radosno za događaj vezan
ja se ne pomeram.
UN JOUR
on dit que le chanceux est parti et ne
reviendra pas (si jamais il revenait). ah c’est ainsi
qu’on nourrit la petite terre. qu’on abreuve la pelouse.
qu’on renforce le renforcé. et qu’est donc
le départ sinon trahison. sinon
faire taire la bouche qui s’est jadis préparée
en serrant le porte-cigarette (par exemple)
à livrer brusquement devant vous une
éternité toute personnelle
dans un soi-disant
après-midi hivernal. et maintenant celui qui
était jusqu’à il y a peu quelqu’un
de tout à fait inconstant
n’inhale et n’exhale pas et apparemment
il ne goûtera plus pendant longtemps à cette
absence incertaine de sang-froid. et il paraît que je pourrais
être sûr que l’un de nous deux
n’est pas certain de l’inviolabilité de
ce désespoir. un jour. un jour. comme si ça ne nous
touchait pas également.
JEDANPUT
srećnik je vele otišao i neće se
vratiti (da li nikad više). ah tako se
podupire zemljica. napaja trava. tako se
učvršćuje učvršćeno. i šta je onda
odlaženje ako ne izneveravanje. ako ne
ućutkivanje ustiju koja su se nekad
stišćući cigaršpic (npr) pripravljala
da iznenadno pred vas izruče jednu
sasvim ličnu večnost
u recimo
zimsko popodne. i sad onaj koji je
donedavno bio neko
sasvim nepostojan
ne udiše i ne izdiše i po svemu sudeći
zadugo više neće iskušavati to nejasno
odsustvo pribranosti. i čini se da mogu
biti siguran da jedan od nas dvojice
nije načisto s neprikosnovenošću
tog očaja. jedanput. jedanput. kao da nas
to jednako ne pogađa.
VERGE
mettons-nous enfin d’accord
sur tout ce que nous avons sagement tu
sur ce qui se cachait derrière l’oreille comme un lichen
dans des coins ombragés. mettons-nous d’accord
et expliquons l’un à l’autre en quoi consiste
la droiture
où se cache l’espoir
qui restreint notre aboiement sous les nuages flous
et qui sera le sage qui dans le marc de raisin
creusera le mot brisant toutes les portes.
mettons-nous d’accord
pour piailler
pour appeler un groupe de corbeaux qui
sait quel désastre le frappera demain
de notre bouche s’envole un fusil dépeçant
l’essence
faisant taire l’espoir d’un favori du haut-parleur public
écoutons l’âme sombre qui découle de l’oubli
qui remue sous les coups de la jeune verge du père infini.
mettons-nous d’accord sur l’amour que tu mâches
dans la bouche brûlée
sur la mort céleste qui dans ses doigts
durs fait tourner une descendance silencieuse
mettons-nous d’accord.
mais n’oublie pas pendant que tu regardes dans une épicerie les bras
bleus d’une jeune mère
pourquoi tu es ici
et qui t’a envoyé.
ŠIBA
najzad da se dogovorimo
o svemu što smo mudro prećutkivali
što se sklanjalo iza uha poput lišaja
u senovitim zakucima. da se dogovorimo
da jedan drugom objasnimo u čemu je
pravica
gde se krije nada
ko sapinje naš lavež pod mutnim oblacima
i ko će biti premudri koji će iz komina
iskopati reč što probija sva vrata.
da se dogovorimo
da zakreštimo
jato gavranova koje
zna kakva će ga sutra zadesiti nepogoda
iz usta naših da poleti sačma da raskomada
suštastvo
da utiša nadu miljenika iz javnog zvučnika
poslušajmo tamnu dušu što se glasi iz zaborava
što vrpolji se pod mladom šibom beskonačnog oca.
da se dogovorimo o ljubavi koju žvaćeš
nagorelim ustima
o nebeskoj smrti što tvrdim
prstima prevrće nemušto potomstvo
da se dogovorimo.
ali ne zaboravi dok u dragstoru posmatraš modre
mišice mlade majke
zašto si tu
i ko te je poslao.
VAGABOND
allons-nous percer le secret de l’épellation
des mots. la doctrine qui se couvre de n’importe quoi
et veut frapper au visage (il y en a encore
qui vont verser des larmes à cause de cela).
va-t-on te voir un jour verbe dur
toi qui disparais à travers l’horreur du temps.
le peuple est occupé à ses travaux
et qui peut encore croire à la grande promesse
espérer l’impossible
rêver les yeux ouverts : un voleur. un brigand.
un imposteur.
un vagabond sans abri qui marche à grands pas.
des chasseurs d’hommes : un durcisseur de foi muni d’un dard
de longue portée qui va pénétrer dans le cœur chaud.
bois qui brûles sur ta propre braise
de la profondeur ne surgit ni femme adultère
ni malfaiteur
ni usurier
ni la moindre obscurité. et à quoi bon les questions quand celui qui
s’est abaissé ne va chanter avec personne
il ne va même jamais jeter des pièces au visage de personne.
SKITAČ
hoćemo li razrešiti tajnu sricanja
reči. nauk što se ogrće bilo čim
i hoće da udari posred lica (još ima
onih kojima će zbog toga suze poteći).
hoćemo li te jednom ugledati tvrdi glagole
što zamičeš kroz stravu vremena.
narod je zabavljen svojim poslovima
i ko još da veruje velikom obećanju
ko da se nada nemogućem
da sanja otvorenih očiju: lopov. razbojnik.
varalica.
skitač bezdomni što grabi napred.
lovac na ljude: utvrđivač vere sa dalekometnim
žalcem što će da se urine u vrelo srce.
građo što goriš na sopstvenoj žeravici
iz dubine ne izranja ni preljubnica
ni zlikovac
ni lihvar
ni sićušna tmica. i čemu pitanja kad onaj što
je sišao ni sa kim neće zapevati
niti će ikad ikom sitan novac bacati u lice.
LE THALER
tu as trente ans. on peut dire quelques années de plus.
tellement de choses. tu as vécu ceci. cela. et maintenant tu es
enfin pour la énième fois ici. et ainsi on
dira : trop périlleusement. pas assez
excitant etc. est-ce que c’est tout pour tout
ce temps. en réalité : ça devrait être incomparablement
plus. qu'ai-je fait de mal
si on peut savoir. et qui est en général responsable.
mais la question qui creuse ton cœur (par exemple)
ne creuse pas des portes fermées. et quoi faire maintenant.
passer le jour à veiller misérablement.
si quelqu’un va se le demander ce ne sera pas toi.
car on peut s’abaisser encore plus.
le thaler se déplace de bourse en bourse et que peut-on
y faire. donc
peut-on savoir ce dont tu as besoin. tu connais tant
de choses que tu iras tout droit au diable.
TALIR
imaš trideset. nešto više recimo.
toliko toga. prošao ovo. ono. i sad si
konačno po ko zna koji put tu. i tako će se
reći: previše vratolomno. nedovoljno
uzbudljivo itd. da li je to sve za toliko
vremena. zapravo: moralo je biti neuporedivo
bolje. u čemu sam pogrešio
ako se sme znati. i ko je uopšte odgovoran.
ali pitanje koje dubi tvoje srce (npr)
ne dubi zatvorena vrata. i šta sad.
zar da se s jadom probdije dan.
a ako će ko da se pita to nećeš biti ti.
jer može se spustiti još niže.
talir se seli iz kese u kesu i šta da se
učini s tim. dakle
može li se znati sve što ti treba. znaš toliko
toga da ćeš sasvim slobodno otići do đavola.
LE PERROQUET
il répète l’histoire
il prend de la nourriture : des graines
d’une écuelle éclatante
de la viande brune dont s’exhale la peste
de l’eau qui coule du petit corps
sans cerceau. cette pauvre créature qui crie
indistinctement
que veut-elle dire
qui veut-elle avertir.
elle ouvre la bouche
lève les petites ailes
une langue que je ne saurais comprendre.
mais lorsqu’elle halète couchée sur le côté
en égrenant l’air sec
et qu’elle frémit sous les coups de l’âme traître
je sais que nous chantons la même chanson
le perroquet et moi.
PAPAGAJ
on ponavlja istoriju
uzima hranu: zrnevlje
iz bleštave zdele
tamno meso iz kog se podiže pošast
vodu koja oticaše iz razobručenog
telašca. siroti stvor što kričaše
nerazgovetno
šta li je hteo izreći
koga li je želeo opomenuti.
otvarao je usta
podizao krilca
jezik koji nisam mogao razumeti.
ali dok je izvaljen na bok dahtao
kruneći suvi vazduh
treperio pod udarima izdajničke duše
znao sam da pevamo istu pesmu
on i ja.
LE CHAT
d’innombrables fois j’ai vu cet
être : comme il disparaissait dans un coin.
comme il s’étendait en ouvrant
les mâchoires sur un tapis mou
se retirait silencieusement
en flottant
dans la bouche de l’obscurité. et chaque comparaison
était sur des pieds d’argile quand je tentais
le secret de sa réduction.
il est quelqu’un. il est quelque chose. et plus je
circulais dans l’obscurité des apparences plus il s’obstinait
à devenir lui-même. car il avait beau être
autre chose
son dieu
en sautant vite par-dessus le seuil
clignant malignement de l’œil
m’a remis tout de suite à l’endroit d’où je suis parti.
il est lui-même. il n’est que lui. y a-t-il un mot
plus sacré qui touche et trahisse en même temps. y a-t-il une pensée
plus gaie du monde. il est lui-même. il n’est que lui.
et qui suis-je ma chère bête. sainteté toi qui brûles
chaque langue voulant récupérer
son immesurable ardeur qui suis-je sinon le questionneur
dont le visage disparaît dans tes yeux.
MAČKA
bezbroj puta video sam to
biće: kako nestaje iza ugla.
kako se proteže otvarajući
čeljusti na mekom sagu
kako se nečujno povlači
lelujajući
u usta tame. i svaka je poredba
stajala na staklenim nogama kad god sam
iskušavao tajnu njene svodivosti.
ona je neko. ona je nešto. i što sam više
kružio u tmici predstava ona je sve tvrđe
bivala samo ona. jer iako se činilo da je
nešto drugo
njen bog me je
preskačući hitro preko kućnog praga
namignuvši šeretski
namah vraćao tamo odakle sam pošao.
ona je ona sama. ona je sama ona. ima li svetije
reči koja istovremeno pogađa i izdaje. ima li vedrije
pomisli o svetu. on je on sam. on je sam on.
a ko sam ja draga zveri. ko sam ja svetosti
što sažižeš svaki jezik koji hoće da preuzme
nesamerljivu žestinu ako nisam pitalac
čije lice tavni u tvojim očima.
LA PETITE VILLE
si je me sauve je serai sauvé. si je me perds
je serai perdu. si on peut en
parler je soumettrai le rapport. mais
à table
au comptoir
devant la question sévère d’un inspecteur
d’un portier de banque
d’un employé de société de bienfaisance
d’une ouvreuse de salle scintillante de cinéma
que faire pour sauver ce qui se sépare
du domaine de l’âme. comment perdre
ce qui est déjà perdu. comment le remettre
à un comptable rapide sans qu’il s’aperçoive du désaccord
dans un ressaisissement joyeux.
est-ce ta main.
oh âme inopportune sur laquelle s’étale l’inanité universelle
de la petite ville où la truie
promène sa portée dans les parcs
quitte la scène
pour regarder du coin de l’œil
comment se répartit
ce qui est perdu.
VAROŠICA
spasim li se biću spasen. izgubim li se
biću izgubljen. bude li se o tome moglo
govoriti podneću izveštaj. ali
za trpezom
za pultom
pred strogim pitanjem nadzornika
čuvara na vratima banke
službenika dobrotvornog društva
razvodnika u treperavoj sali bioskopa
što učiniti da spasiš to što odvaja se
od poseda duše. kako izgubiti već
izgubljeno. kako izvršiti predaju a da
hitri računovođa ne opazi neslaganje
u vedroj sabranosti.
da li je ovo tvoja ruka.
neumesna dušo po kojoj se razliva sveopšta tlapnja
varošice u kojoj krmača
izvodi svoj nakot u parkove
napusti mesto događaja
iz prikrajka da vidiš
kako se raspodeljuje
izgubljeno.
MON PAUVRE FILS
Je voudrais chanter.
chanter à pleine voix.
mais quand je pense
combien d’obscurité il y a dans les anciennes
chansons
combien de douleur dans les mélodies
de malheur dans les cris
ma fraternité s’adapte mal à cet art
la sérénité dispersera nos forces
et puis mon pauvre fils
quel intérêt tirera de cela
la patrie.
CRNI SINKO
hteo bih da pevam.
iz sveg glasa da zapevam.
ali kad pomislim
koliko je tame u pređim
pesmama koliko bola u napevima
nesreće u poklicima
moje je bratstvo nevično toj umetnosti
snagu će našu da raspe vedrina
a onda crni sinko
kakve koristi će od toga da ima
otadžbina.
ON L’A RÉPANDU
comment comprendre la lettre des
départs. les déclarations de la disparition.
les mots tristes des pistes enneigées
l’homme a pris son sac. emballé sa trousse de toilette.
plié le journal. enlevé de la table
la blague à tabac. s’est gratté derrière l’oreille
et est parti.
hier encore il était tellement
jeune : ravissant comme un pélican
semblable à l’orage. il bruissait comme un buisson.
jasait comme un moineau. ses yeux lançaient des éclairs.
il sautait
en avant en arrière.
oh opacité vers où
a-t-il flotté.
je pleurais comme un enfant.
bateau sur l’eau mer pleine et vide.
je regardais tout ça par des yeux flous
lorsqu’on a su que la mort était impeccable.
BEŠE ZNANO
kako da razumem slovo o
odlascima. izjave o nestanku.
reči tužne o zametenim tragovima
čovek je uzeo tašnu. spakovao toaletu.
presavio novine. sa stola podigao
duvankesu. iza uva se počešao
i otišao.
on još juče beše tako
mlad: zanosan poput pelikana
sličan oluji. šumorio je poput žbuna.
vrapčije čavrljao. očima sevao.
skakutao
tamo-amo.
o neprozirnosti kud je
odlepršao.
dečački sam plakao.
čamac na vodi pučina prazna.
očiju mutnih sve sam to gledao
jednom kad beše znano da smrt je besprekorna.
LA TRUELLE
il a fallu du temps avant que l’âme de la mémoire
se recueille
nous avons attendu longtemps pour savoir
quelle est la structure de la truelle du saint
(ce que la tempête n’emporte pas
la brise l’emporte). toute une descendance
a persisté dans cela
pour peu d’argent d’abord (c’est comme ça en général).
la foi soulevait les membres fragiles
l’espoir tombait sur les ruines
la myopie attendait le lointain
la main dévouée arrivait même dans l’entrejambe.
tout s’est levé pour saisir d’où le vent souffle
de quelle colline les bêtes descendent.
et maintenant que le silence a pris la parole
que la sagesse a montré son pauvre visage
que le lointain s’est raccourci d’un quart
la joyeuse confrérie enlèvera la peau de la carcasse
pour humer la transparence sanglante
et jouer de la cornemuse
à l’enterrement disparu.
MISTRIJA
dugo je trebalo da se sabere
duša pamćenja
dugo smo čekali da se sazna
od kakve je građe svečeva mistrija
(što bura ne oduva
oduva povetarac). čitav jedan porod
u tome je ustrajao
za sitan novac najpre (tako to obično biva).
vera je podizala krhke udove
nada je padala po urvinama
kratkovidost dosezala daljinu
a posvećena ruka i u međunožje stizala.
sve se podiglo da dokona otkud vetar duva
i sa koje gore zverad silazi.
sad kad je nemost prozborila
kad je mudrost pokazala ubogo lice
kad je daljina za četvrtinu kraća
veselo bratstvo kožu s trupla će svući
prozirnost krvavu da onjuši
i na ukopu tavnom
u gajde da zasvira.
UN INVITÉ NON DÉSIRÉ
voici comment je suis né
c’est une longue histoire. dans une étable. dans un séchoir à viande
parmi les queues de cochons. dans un champ de maïs
où picorait une pie oisive et un mulot
regardait autour de lui redoutant que ne vienne un hibou. de la sagesse
tout était déjà écrit et aussi comment je suis entré dans la vie
connue. ma mère me cachait : un petit laideron qui criait
et demandait édenté le royaume entier. mon père me reniait.
de là des histoires d’infaillibilité. on créait des légendes
de fuites mais je ne savais pas vraiment si elles existaient. après
je m’agitais dans des universités. parmi les connaisseurs qui
brandissaient un bâton et sautillaient en chantant
des chansons à la gloire du dieu unique. j’ai appris comment partager
et comment remplir les bols : du plus grand au plus petit et pas autrement.
comment recueillir
et faire déborder et j’ai pressenti comment le ver en attaquant une pomme ouvrait
des écoles secrètes et séduisait les élèves. le vin et le reste sont venus
après. et les errances. et la mer. et l’eau. et les festins auxquels ma
bouche a été comme attachée. pourquoi certains me regardaient-ils étrangement.
voulaient-ils que je devienne le chef des travailleurs ou le destructeur. le chanteur de chansons
ou un invité non désiré qui ferait du bruit.
je titubais pendant que j’attendais la solution
de vagir dans une vie
ou de pardonner dans deux.
ZAO GOST
evo kako sam rođen
to je duga priča. u staji. u sušari
među svinjskim repovima. u kukuruzištu
gde dokona svraka je čeprkala i poljski miš
zirkao plašljivo da ne pojavi se sova. o mudrosti
sve već beše zapisano i kao da sam ušao u znani
život. majka me skrivala: malu rugobu koja je vrištala
i bezubo tražila čitavo kraljevstvo. otac me poricao.
otud priče o bezgrešnosti. o bekstvu se ispredahu
legende a ja uistinu ne znam da li ga je bilo. posle
sam se gurao po učilištima. među znalcima koji
mahahu prutom i pocupkivahu dok pevali su
pesme o jedinom bogu. zapamtih kako se razdeljuje
i kako se posude pune: iz veće u manju i nikako drugačije.
kako se sabira
i preliva i naslutih kako crv napadajući jabuku otvara
tajne škole i zavodi učenike. vino i ostalo dospeše
posle. i lutanja. i more. i voda. i gozbe na kojima mi
usta behu kao svezana. zašto me neki čudno pogledahu.
jesu li hteli da budem palir ili rušilac. pevač pesama
ili zao gost koji stvara buku.
posrtao sam dok čekao sam razrešenje
da cvilim u jednom životu
ili u dva da praštam.
LE ROI DES OIES
je me suis assis sur une motte verte
au-dessus de la mare. immobilité de midi
et contours raides des oies. dans l’eau
j’ai jeté une pierre. Elle a choisi
sa voie par ma main. sur l’eau les cercles
flottaient
semblables aux cercles des autres histoires
différents d’eux-mêmes
dans la disparition nourris
de leurs propre dos.
et comme si quelqu’un leur enlevait
la peau du dos
ils se transformaient
en une figure que j’ai déjà vue
la figure du roi des oies
qui prêche l’éternité.
KRALJ GUSAKA
sedeo sam na zelenom busenu
iznad bare. nepokretnost podneva
i ukočeni obrisi gusaka. u vodu
sam bacio kamen. on je izabrao
put mojom rukom. na vodi su lelujali
krugovi
slični krugovima iz drugih priča
različiti od sebe samih
u nestajanju hranjeni
od svojih hrbata.
i kao da im je neko s leđa
skidao kožu
tako se pretvarahu
u lik koji već videh
lik kralja gusaka
koji propoveda večnost.
LA LAISSE
dans la rue éclairée par le crépuscule
entre les cours où chante la connaissance morose
et les champs sombres sur lesquels crie un corbeau
un petit chien est tiré par une chaîne tendue.
le garçon qui le traîne a l’air d’un avenir aveugle
les yeux aigus comme un jugement il porte dans son cœur la décision
et sa tête est déliée comme l’horizon
il est absent comme ce qui va le tromper
brillant comme la lumière qu’on connaît une seule fois
il emmène le long de la pente des ténèbres le chien
qui grogne contre l’obscurité et le déteste.
mais la raison est au-dessus des deux
de celui qui a commis des crimes mineurs
et celui qui tient la laisse
à aucun des deux
la mesure n’est donnée
aucun ne gère l’aboiement contre l’inconnu
aucun ne respire les motifs dont il se souvient
et personne ne sait ce qui est en gestation.
la raison sombre règle les comptes
ce qui arrivera arrivera dans la foi
que le danger est au-delà de la connaissance
que la voie de la mort est celle de la naissance du diable
et que la voie de l’amour s’ouvre en titubant.
POVODAC
ulicom koju je obasjavao suton
između dvorišta gde je pevalo ćudljivo znanje
i zagasitih polja po kojima je kreštao gavran
sićušni pas vučen je na zategnutom lancu.
dečak koji ga je povlačio ličio je na slepu budućnost
oštrih očiju kao suđenje u srcu je nosio odluku
a glava mu je bila razvezana kao horizont
odsutan kao ono što će ga prevariti
svetao kao svetlost što se samo jednom spozna
vodio je psa niz kosine tame
onog koji na tamu reži i ne podnosi je.
ali razlog je bio iznad obojice
on koji je činio sitna zločinstva
i on koji je držao povodac
nijednom od njih
mera nije data
nijedan nije upravljao lavežom na nepoznato
nijedan nije disao iz pobuda koje je pamtio
i niko nije znao šta je u njihovom zametku.
tamni razlog je sravnjivao račune
ono što će se desiti desiće se u veri
da je pogibao izvan znanja
da je put smrti put đavolskog rođenja
i da se put ljubavi otvara kroz posrtanje.
***
puis-je me souvenir de quelque chose
et existe-t-il une mémoire qui va
illuminer ce qui n’est pas né.
et si je fais un tour
comme je retire le pied en traversant de la sciure fine
je vois comment le garçon
marche distrait en louchant à travers la vie.
devrais-je me souvenir
de celui qui se posait bêtement des questions
et que n’importe qui pouvait faire taire.
***
da li ičega mogu da se setim
i postoji li pamćenje koje će
nerođenost da obasja.
ako već učinim okret
kao da stopalo povlačim po sipkoj piljevini
dečaka vidim kako kroz
razrokost nesabranu korača.
zar da se sećam
onog koji se budalasto pitao
i kojeg je svako mogao da ućutka.
L’ÎLE
la guerre n’a jamais cessé. je me suis souvenu de l’aube quand
j’ai quitté ma maison. elle était partout la guerre. derrière la porte
elle tenait une hache. sur le lit elle a recroquevillé son corps enveloppé
dans une peau de loup.
elle ressemblait à un paon qui me regardait avec suspicion
et se préparait à me becqueter les mains. sur les fenêtres
elle baissait les stores. elle se cachait pour que je ne la voie pas.
je savais qu’elle respirait dans ma nuque
elle a attaché mon souffle et rendu transparentes les choses
auxquelles j’ai consacré ma vue.
elle s’adressait à moi avec mépris :
toi qui mâches le silex tu vas attendre avant de le regagner.
tu vas apprendre à te souvenir de ce que tu as oublié
je suis ta connaissance qu’éveillé tu as prédite
ce que tu vas voir en te retournant ce sera l’obscurité
le père qui ne va jamais revenir
la mer dont la flamme va venir
qui va te rendre sourd.
qui est plus fort que la guerre
moi à qui personne ne demande rien
l’île dont ne restera que le nom
un usurier qui va m’endetter
l’arme qui tue avant d’être forgée
ou le serpent qui monte à l’endroit auquel il n’appartient pas.
OSTRVO
rat nikad nije prestajao. sećam se zore kad
sam dom ostavljao. bio je posvud. za dovratkom je
držao sekiru. na postelji je sklupčao telo ogrnuto
u vučju kožu.
ličio je na pauna koji me podozrivo posmatra
i sprema se da mi iskljuje ruke. na prozore je
spuštao zastore. krio se da ga ne vidim.
znao sam da mi je disao za potiljkom
vezao mi dah i činio stvari prozirnim
na kojima sam vid posvećivao.
oslovljavao me prezirno:
ti koji žvaćeš kremen sačekaćeš da ga povratiš
naučićeš da pamtiš ono što si zaboravio
ja sam tvoje znanje koje si budan proricao
ono za čim ćeš se osvrtati biće tama
otac koji se nikad neće vratiti
more sa kojeg će dolaziti plamen
od kojeg ćeš ogluveti.
ko je jači od rata
ja koji se ni o čemu ne pitam
ostrvo od kojeg će ostati samo ime
lihvar koji će me zadužiti
oružje koje ubija pre nego što se iskuje
ili zmija koja se vere tamo gde joj nije mesto.
QUOI
quoi dire de celui à qui la douleur a fait exploser le visage
de celui qui pense à l’argent
aux dettes
aux frères ou aux amis traîtres
aux rituels
et aux poignées de main
et quoi dire de la nourriture pour les chiens
des courses de chiens
des encadreurs
et des missiles à longue portée
de l’impôt et des cartes de platine
des mots étrangers
de l’odeur de Boukhara
des tyrans vivants et morts
des cafés du matin et des rues froides
de l’éclipse de la lune
et des pluies de mousson
de l’insémination artificielle
et du massacre des phoques
des baleines suicidaires
de grands talents
du saut en longueur
des mines fermées
des tueurs inconnus
des violeurs
et des eaux contaminées
des grands hommes d’État
de la fellation sans espoir
du fleuve jaune
des serpents en voie de disparition
et des orangs-outans massacrés
des tueurs de taureaux
et des gains soudains
des champignons toxiques
et des nations tuées
des erreurs intentionnelles et accidentelles
et des omissions heureuses
des sauvetages imprévisibles
de la faim de la respiration
de la gloire et de l’exécution
du bourreau et de ses masques
de la justice et des fouets du ravissement
de la douleur indicible
des mots des lettres de rien.
ŠTA
šta reći o onom kome je bol razneo lice
o onom što misli na novac
na dugove
na braću ili izdajničke prijatelje
na rituale
i rukovanja
o hrani za pse
i psećim trkama
o uramljivačima
i dalekometnim raketama
o porezu i platinskim karticama
o stranim rečima
o mirisima Buhare
o živim i mrtvim tiranima
o jutarnjim kafama i hladnim ulicama
pomračenju meseca
i kišnim monsunima
o veštačkoj oplodnji
i pomoru tuljana
o samoubilačkim kitovima
o velikim talentima
o skoku u dalj
o zatvorenim rudnicima
o nepoznatim ubicama
o silovateljima
i zatrovanim vodama
o velikim državnicima
o beznadnom felaciju
o žutoj reci
o ugroženim zmijama
i masakriranim orangutanima
o ubicama bikova
i iznenadnim dobicima
o otrovnim pečurkama
i pobijenim narodima
o greškama namernim i slučajnim
o previdima srećnim
i nepredvivim izbavljenjima
o gladi o disanju
o slavi i smaknuću
o dželatu i njegovim maskama
o pravdi i bičevima ushićenja
o bolu neizgovorivom
o rečima o slovima o ničemu.
AU CRÉPUSCULE
au crépuscule devant la faux
ils ont découvert le terrier d’un lapin
ils ont apporté un lapereau qui tremblait
j’étais un garçon quand je l’ai serré sur ma poitrine
je tremblais comme le cœur qui voulait
devenir le feu qui répandait la grâce.
dans mes mains le temps s’est dispersé
le sang lui a jailli du nez
l’amour s’est mêlé à la mort
et le souffle en lui s’est éteint.
j’étais la faux qui ne s’est pas arrêtée sur sa lancée
qui est tombée comme si elle ne rachetait ni un seul moment
et la respiration est devenue un râle d’agonie.
U SUMRAK
U sumrak pred kosom
otkriše leglo zeca
donesoše mladunca koji je drhtao
bejah dečak kad ga stiskah na grudima
treperio sam kao srce koje je htelo
da postane vatra koja razliva milost.
u mojim rukama razveja se vreme
krv mu na nozdrve izbi
ljubav se sa smrću pomeša
i dah mu se ugasi.
ja bejah kosa koja se u zamahu ne zaustavi
koja pade kao da ni trenutak nije otkupila
i disanje saže u samrtni ropac.
SCÈNE
dans les ramures le vent chante
au-dessus des toits et des pas
dans la ville à midi
près de la rivière à la périphérie de la ville.
les oiseaux au-dessus de l’horizon
des verres des portes derrières lesquelles
on n’entend pas les voix
les jardins ombragés
les arbustes transparents
et la lumière qui joue
et s’apaise sur les allées herbeuses.
je ne bouge pas
comme si le créateur m’avait placé dans cette scène
ne sachant pas quoi faire avec moi.
PRIZOR
u krošnjama peva vetar
nad krovovima i koracima
u gradskom podnevu
pored reke na rubu grada.
ptice iznad horizonta
stakla vrata iza kojih se
ne čuju glasovi
senoviti vrtovi
prozračni grmovi
i svetlo koje igra
i umiruje se nad travnatim lejama.
ne pomeram se
kao da me je u prizor postavio tvorac
koji ne zna šta će sa mnom.
LA CHAUVE-SOURIS S’ENVOLE
qui soutient la vie
cette boule d’air. le souffle d’où
sortent les voyelles. la langue qui se brise
sur les arêtes aiguës. qui soutient
la main qui entre parmi les vieux
dialectes et se roule à travers les membres
secs des villes incultes.
une chauve-souris s’envole
bonne aile
visage froid.
toi lit impétueux
lampe qui brûle
à part toi il n’existe rien.
UZLEĆE ŠIŠMIŠ
ko pridržava život
grudvicu vazduha. dah iz kojeg
izleću vokali. jezik što slama se
na oštrim bridovima. ko pridržava
ruku što zalazi po starostavnim
narečjima i kotrlja se kroz ispošćene
udove zapuštenih gradova.
uzleće šišmiš
vrlo krilce
hladno lice.
žestoka posteljo
svetiljko što goriš
osim tebe ne postoji ništa.
ATTACHEMENT
avec une hache dans le bois
une langue dans la chaleur.
une lame dans la chair.
un feu dans l’âme.
ô attachement minuscule
fantôme qui désespérément
lies et délies
mouchoir et mouchoir
moineau et moineau
l’enthousiasme d’un oie et les nuages éthérés
lie les ailes de la lune
lie les pleurs du ciel
lie le renoncement
lie cette tête pour qu’elle ne blasphème pas.
PRIVRŽENOST
sekirom o drvo
jezikom u vrelinu.
sečivom u meso.
vatrom na dušu.
o privrženosti sićušna
prikazo što beznadno
povezuješ i razvezuješ
rupčić sa rupčićem
vrapca sa vrapcem
guščju zanesenost sa etarskim oblacima
sveži mesečeva krilca
sveži nebesko ridanje
sveži odricanje
sveži ovu glavu da ne huli.
DESCENTE
en marchant sur des sentiers ombragés
et regardant les cous des oies qui chatoyaient
et un busard qui plongeait et un moineau dans les vrilles de ses plumes
et un mulot pressé et un pinson sur une pousse pliée
j’ai vu que mon visage pâle se reflétait dans des yeux émerveillés
qui reculaient de la lumière vers les ténèbres de la sécheresse vers l’humidité
que le temps était un pot et que j’étais un garçon qui voyait tout
et que toutes les choses voyaient
et que toutes les choses se réunissaient en un point qui me tenait sur mes pieds
et mettait en marche les fouets de la lumière consacrant les mains aux mille dons
qui priaient et niaient
j’ai compris que je n’étais pas seul et que j’étais couvert de milliers de voiles
et que je ne pourrais pas les démêler ni les compter aussi longtemps que
je m’appuyais sur les yeux qui me guidaient à travers les bosquets
à travers les flaques chaudes peu profondes et l’herbe taciturne qui me réchauffait
je savais que j’étais béni et que ma langue était empruntée
que je l’avais recueillie de la bouche qui me surveillait
et qui me saupoudrait d’épices afin que je sois un jeune taureau clair
que les gens préparaient pour renforcer leurs membres par sa chair
et pour assouplir leur langue comme quand un chasseur affine son flair
afin de trouver la proie parmi les myriades de choses
et de reconnaître que sa raison est indéniable parmi les noms imprononçables
comme le sel qu’on prenait pour le lancer au-delà de la chaleur dans les luminosités du pharynx
pour savoir que je dois être né maintes fois
et que de la bouche je redescends toujours au sein de l’ombre
qui reconnaît son corps
ici dans le logo du temps dans lequel je suis descendu pour me rendre compte
que je ne suis pas celui qui je suis
et que ce que je vois
ne voit pas celui dont la peau m’attend dans la bouche
qui me dévorera.
SILAZAK
dok sam koračao senovitim stazama
i posmatrao kako se presijavaju guščiji vratovi
i kopca kako se obrušava i vrapca u viticama perja
i poljskog miša u hitnji i zebu na svinutom lastaru
videh da se i moje bledo lice odražava u začuđenim očima
koje su uzmicale iz svetla u senke iz suvoće u vlažnost
da je vreme posuda i da sam ja dečak koji vidi sve
i da sam opažen od svega
i da se sve sabira u jednoj tački koja me drži na nogama
i pokreće bičeve svetlosti i posvećuju hiljadustruke ruke
koje mole i poriču
shvatio sam da nisam sam i da sam pokriven sa hiljade velova
i da neću moći da ih razmrsim i izbrojim dok god se
oslanjam na oči koje me vode kroz gajeve
preko toplih plitica i kroz ćutljivu travu koja me greje
znao sam da sam blagosloven i da je moj jezik pozajmljen
da sam ga skupljao iz usta koja su me nadzirala
i koja su me posipala začinima da budem svetao junac
koga spremaju da njegovim mesom učvrste svoje udove
i da svoj jezik učine gipkim kao što lovac čini svoj njuh
spremnim da nađe plen među mirijadama stvari
i prepozna svoj razlog kao neporeciv među zamršenim imenima
kao so koja se zahvata da se baci preko vreline u sjajeve ždrela
da se zna da moram biti bezbroj puta rođen
i da se iz usta uvek nanovo spuštam u okrilje senke
koja prepoznaje svoje telo
ovde u logu vremena u koje sam sišao da spoznam
da nisam onaj koji jesam
i da to što vidim
ne vidi onaj čija me koža čeka u ustima
koja će me prožderati
LA MEULE
j’ai oublié les murmures des ramures
à travers lesquels perçait la voix d’un hibou argenté
j’ai oublié le grenier où il tissait son autre vie
le battement d’aile qui me jetait par dessus les bosquets sans nom
le silence où je rencontrais mon cœur qui se dissolvait
dans les souffles des promesses
j’ai oublié les voix qui venaient à travers
les élans de la nuit cachant sous son aile
le cliquetis mélodieux de petites créatures
dont les yeux brillaient comme un lendemain faisant briller
la bouche qui avec des substances renouvelait l’être
j’ai oublié les canaux glissants et l’herbe poussant
sur leurs pentes et son ventre dans lequel le but s’était transformé en loi
et la loi en mesure que ma vue ne savait pas multiplier
j’étais celui qui volait dont on ignorait s’il était celui qui guettait
ou celui qui se dévouait
j’étais dans une trompette angélique où l’air était calme
je ne savais alors pas que le feu se rallumait dans le voisinage
et que son éclat était le reflet de la constance
et que la meule de foin brûlait juste pour nous apaiser
et que l’attiseur était innocent et la mesure sans passion
comme un événement qui devait se produire
et que chaque accord était hors de l’esprit
et que combien d’eau tu renverserais était déjà calculé
et que chaque fois que tu la puisais elle se rapprocherait du foyer
ta main ne dénouerait pas cela
comme une âme qui attendrait un ange aveugle
lui enseignant que l’action est le feu qui n’apaise pas
et que l’aveuglement est un regard qui lance loin
les grandes oreilles et la bouche bavarde
s’embrasant comme de la paille ininflammable
STOG
zaboravio sam na na šumove krošnji
kroz koje se probijao glas srebrnaste sove
na tavan u kojem je tkala svoj drugi život
na lepet koji me je bacao preko bezimenih gajeva
na nemost gde sam sretao svoje srce kako se rastvara
pred dahovima obećanja
zaboravio sam na glasove koji dolažahu kroz
zamahe noći koja u svojim okriljima
skriva blagoglasni topot sitnih stvorova
čije se oči cakle kao sutra koje će obasjati
usta koja sa tvarima obnavljaju biće
zaboravio sam na skliske kanale po čijim je kosinama
buktala trava i u čijem se trbuhu preobražavala svrha u zakon
a zakon u meru koju moj pogled nije mogao da umnoži
bio sam u letač za kojeg se ne zna da li je vrebalac ili
posvećivač
bio sam u anđeoskoj trubi u kojoj je vazduh bio miran
tad nisam znao da se vatra razgoreva u blizini
i da je njen sjaj odblesak nepromenjivosti
i da stog sena gori tek da nas umiri
i da je potpirivač nevin a mera bestrasna
kao događaj koji se mora zbiti
i da je svaka nagodba izvan pameti
koliko ćeš vode proliti već je izračunato
i svaki put kad je zahvatiš biće bliže ognjištu
to tvoja ruka neće razvezati
kao duša koja čeka slepog anđela
da je poduči da je delanje vatra koja se ne stišava
i da je slepilo vid koji daleko dobacuje
velike uši i brbljiva usta
koja plamte kao nesagoriva slama
LES BOSQUETS
autrefois j’appelais les mots des bosquets
des canaux ombragés et des clairières
je connaissais les oiseaux comme je connais maintenant ce qui n’a pas de fondement
et que je construisais comme une tour qui allait s’écrouler
dont la flamme allait avaler sa propre ascension.
autrefois je m’adressais aux mots comme aux dieux sereins
et chacun battait des ailes
en tombant des hauteurs dans la profondeur de la profondeur dans la promesse
chacun chantait comme un zébu et bruissait comme la sagesse
et faisait ruisseler sur moi des cascades de lumière.
et m’illuminait comme un inachèvement
et trépidait comme des feuilles innombrables pendant que
dans les océans les respirations se balançaient
et mouvaient les ombres comme des marches de pourpre qui soutiennent les sphères.
en tant que favori j’étais assis par terre
et déroulais les fils qui tous s’emmêlaient
je rangeais les ustensiles dans lesquels se miraient les anges
recherchais des parfums et des mélodies
et regardais dans le lointain comme dans l’aile qui allait me soulever.
je rampais à travers le fourré où chantaient des pies
et voltigeaient des moineaux et sautillaient des oreilles de chats
comme une langue avec laquelle je mettais en marche mes membres.
une fois je me suis couché par terre comme sur un tapis clair
moi qui voyais que les mots étaient comme des enfants
que la loi qui juge était dans leurs corps
et la lame dans des myriades de bouches.
GAJEVI
nekad sam reči pozivao iz šumaraka
iz senovitih kanala i svetlih gajeva
znao sam ptice kao što sada znam bezrazložnost
koju gradih kao kulu koja će se stropoštati
čiji će plamen progutati svoje uspenje.
nekada se obraćah rečima kao vedrim bogovima
i svaka je razmahivala krilima
padajući iz visina u dubinu iz dubine u obećanje
svaka je pevala kao zeba i huktala kao mudrost
i slivala na me slapove svetlosti.
i obasjavala me kao nezavršivost
i treperila kao bezbrojni listovi dok se
u okeanima disanja njišu
i pokreću senke kao stepenike purpura što podupiru sfere.
kao miljenik sedeo sam na zemlji
i odmotavao niti što su se mrsile
slagao sudove u kojima su se ogledali anđeli
tragao za mirisima i napevima
i gledao u daljinu kao u krilo koje će me podignuti.
kroz šipražje sam puzao u kojem su pevale svrake
i prhutali vrapci i mačje uši skakutale
kao jezik kojim sam pokretao udove.
negda ležah na zemlji kao na vedroj prostirci
ja koji videh da reči su ko deca
da zakon koji sudi u njihovom je telu
a oštrica je u mirijadama usta.
PANIER
Si je voulais écrire sur toi
et t’écrire à toi
rien que des phrases courtes
des ombres dessinant un profil rigide
j’entendrais au loin la sirène du navire
sur le danube
et ce serait l’ombre du son
et le son de l’ombre
disant qu’il m’offre ton visage
ton souffle indescriptible
qui me
baigne encore comme l’océan
qui renforce mes mains
et fait de mon cœur un grondement.
je suis au milieu des fléaux
mais les mots que je prononce
semblent se dissoudre dans l’air inodore
devant le discours qui me crucifie.
pendant que tu descends pour revenir
ce qui te renvoie c’est plus que de la grâce
cette providence qui relie l’indicible
ce mot vide comme un panier après la tempête
cette connaissance inarticulée qui nous attire
afin que nous nous reconnaissions sans cesse en elle.
KOŠARA
ako bih o tebi da pišem
i da pišem tebi
ništa osim kratkih rečenica
senki što crtaju ukočen jedan profil.
ali u daljini čujem sirenu broda
sa dunava
i to je senka zvuka
i zvuk senke
koja veli da mi poklanja tvoje lice
tvoj dah neopisivi
koji me još
obliva kao okean
koji čini moje ruke snažnim
i moje srce poput tučnjave.
usred sam pošasti
ali reči koje izgovaram
kao da se u bezmirisnom vazduhu rastvaraju
pred govorom koji me razapinje.
dok silaziš da bi se vratila
to što te vraća više je od blagodati
ta promisao koja spaja neizgovorivo
ta reč koja je prazna kao košara posle oluje
to nemušto znanje koje nas privlači
da se u njemu stalno prepoznajemo.
LE POIDS
deux et deux font quatre
un savoir pauvre mais fiable
ô qu’il était utile
lorsque je rassemblais
ce que l’aube allait révéler
lorsque je gardais ce qu’il fallait perdre.
le compte était le désert
tandis que l’eau était calme
et le murmure volait dans les hauteurs
et l’épervier chantait dans la nature sauvage
et ceux qui passaient me regardaient
comme un poids sur le point d’être posé
sur la balance.
lorsque j’ai mâché à la hâte ce qui pouvait se décomposer
lorsque j’ai lancé autant que mon cœur pouvait calculer
j’ai vu que l’eau brouillait les nombres
et que l’air dévorait les comptes
et que la foudre jetait dehors les fractions et les dispersait
en queues lumineuses
que le toit était le lieu où les œuvres se pétrifiaient
et où les soutiens faiblissaient
que le sous-sol montait avec des mèches de feu
et se répandait dans les villes
que quitter ne signifiait pas trouver
qu’appuyer ne signifiait pas sauver
que trouver ne signifiait pas reprendre ce qu’on avait laissé
que partir n’avait pas l’âme du retour
que celui qui revenait n’avait pas de mémoire
et que quand trois s’en allaient et l’un revenait
c’était comme si personne ne revenait.
j’ai vu une ombre qui grandissait dans l’obscurité
un branchage qui dépassait de l’arbre
une belette qui attaquait l’aigle
une hache qui revenait sur l’épaule de l’ange
que tu l’additionnes
que tu l’oublies
ce sera trop.
TEG
dva i dva su četiri
oskudno znanje ali pouzdano
koliko beše od pomoći
kad sam zbrajao
ono što će praskozorje da obznani
kada sam čuvao ono što treba izgubiti.
račun beše pustinja
dok je voda bila mirna
i žamor leteo u visine
i kobac pevao u divljini
a oni koji prolaziše samo pogledavahu na me
kao na teg koji će tek na terazije biti
položen.
dok hitao sam da sažvaćem ono što se moglo razložiti
zamahivao onoliko koliko je moje srce znalo da izračuna
video sam da voda pomućuje brojeve
da vazduh proždire sabirke
da udar groma izbacuje razlomke i rasipa ih
u svetlim repovima
da je krov mesto gde se dela okamenjuju
i potpornji popuštaju
da se podzemlje penje sa pramenjem vatre
i razliva po gradovima
da ostaviti ne znači i naći
da podupreti ne znači spasiti
da naći ne znači preuzeti odloženo
da otići nema dušu povratka
da onaj koji se vraća nema pamćenja
i da kad trojica odu a jedan se vrati
kao da se niko nije vratio.
videh senku koja raste u mraku
krošnju koja nadvisuje stablo
lasicu koja napada orla
sekiru koja se vraća na ramenu anđela
koliko god da sabereš
koliko god da zaboraviš
biće previše.
LE PLOMB
aujourd’hui je suis heureux
demain ça ne se répétera pas
je recevrai une lettre
j’entendrai une voix au téléphone
quelqu’un frappera à ma porte
il y aura un incendie à proximité
je verrai la raison qui porte le visage sillonné de rides
qui s’est décomposé et hurle dans les bureaux
je verrai la fuite qui a dévoré son corps
et le vagabondage qui obscurcit les fenêtres
et les belvédères où tu ne peux pas exister
à cause de la tempête et de la pluie mêlée à la neige
je verrai la beauté devenue décrépite
et la mort qui se cache dans les couloirs
et un tumulte où le bruit grandit comme le catafalque d’un mourant
et le bavardage qui brûle comme l’obscurité avant
l’aube
je verrai des villes et des villages et des mouchards et des douaniers
et des amis et des curieux et des chahuteurs sur les marchés
et des nénuphars sur l’eau et des oiseaux sans vie les yeux
éteints
je verrai la musique morte et la peau sèche des tambours
et les bruits du cœur les cris de la ville et des îles désertes
et des toits envahis par les herbes et des hiboux désespérés
et du plomb fondu et du cuivre d’alchimie
et je verrai la tristesse qui se répand
qui chante
comme un oiseau au bord de la fenêtre
et dévore ma joie.
OLOVO
danas sam radostan
sutra se to neće ponoviti
dobiću pismo
čuću glas preko telefona
neko će lupati na vrata
izbiće požar u blizini
videću pamet koja nosi izbrazdano lice
koja se raspala i zavija po uredima
videću bekstvo koje je proždrlo svoje telo
i beskućništvo koje zamračuje prozore
i vidikovce na kojima ne možeš postojati
od hladne bure i susnežice
videću lepotu koja je oronula
i smrt koja se skriva po hodnicima
i metež u kojem narasta buka kao odar samrtnika
i brbljanje koje se gori kao tama pred
svanuće
videću gradove i sela i žbire i carinike
i prijatelje i radoznalce i vikače na tržnicama
i lokvanje na vodi i beživotne ptice sa ugaslim
očima
videću mrtvu muziku i sasušenu kožu na bubnjevima
i zvukove srca i uzvike grada i pusta ostrva
i zarasle krovove i beznadežne sove
i rastopljeno olove i bakar alhemije
i videću tugu kako se širi
kako peva
kao ptica na ivici prozora
i proždire moju radost.
RENONCE
deviens invisible
de sorte à dormir
comme si ton rêve était déjà raconté
et que tu te souvenais d’une autre vie.
deviens fidèle
afin que tu saches ce pour quoi personne n’est payé
lorsque le doute ne détruit pas la pierre
sur laquelle ne tombe pas la pièce en argent
et personne ne se penche pour la flairer
renonce
à l’obscurité
renonce
à la raison.
la déraison est la loi
et une force plus ou moins mesurée
occupe les espaces
et se divise entre ceux qui ne demandent pas
quel jour est le premier parmi les égaux.
si je pars aujourd’hui
arriverai-je aujourd’hui.
qu’est-ce qui est plus important
que le moment où tu es parti
serrer le cœur qui voit déjà que tu te dépasses
et que tu ôtes le soupçon de ceux qui ne croient pas que tu
es arrivé avant d’être parti.
renonce à la distance
renonce à la preuve
car la connaissance sert à bercer les sourds
et les mots sonnent non pour semer la rébellion
mais pour embrasser l’inexistence
et pour cacher l’obscurité.
ODRECI SE
učini se nevidljivim
toliko da zaspiš
kao da je tvoj san već ispričan
i da ga pamtiš iz drugog života.
učini se odanim
da znaš ono za šta niko nije plaćen
dok sumnja ne razori kamen
na koji ne pada srebrenjak
niti se iko saginje da ga omiriše.
odreci se
tame
odreci se razloga.
bezraložnost je zakon
a sila odoka odmerena
zauzima prostranstva
i deli se među onima koji ne pitaju
koji je dan prvi među jednakima.
ako danas krenem
da li ću danas stići.
šta je važnije
od trenutka kad si pošao
da stegneš srce koje već vidi da prestižeš sebe
i da izbiješ sumnju onih koji ne veruju da si
stigao pre no što si pošao.
odreci se rastojanja
odreci se dokaza
jer znanje služi da se uljuljkaju gluvi
a reči zvone ne da poseju pobunu
nego da se prigrle nepostojanje
i prikriju tamu.
LE FARDEAU
monter une armoire ou du mobilier
une pile de livres ou un sac rempli de blé
jusqu’en haut des escaliers ou près de la balustrade
jusqu’à l’ascenseur traîner des aliments
les muscles tendus
porter un miroir dans lequel tu ne te mires pas.
ce qui se reflète
est lié aux événements mêmes
photos entremêlées de l’enfance
eau lointaine
fibres artificielles
soif froissée comme la respiration
désir qui t’exalte et honte qui te voûte
pièces de monnaie
temps gagné et temps perdu
tu regardes en arrière vers le fardeau
comme un pleureur qui pleure
comme un moqueur qui se moque
tout émane de tout
le fruit du germe
l’impureté de la pureté
le lion de l’antre du lion
la hyène de la bauge de l’hyène
et tout porte un fardeau
qui grandit et s’additionne
comme une meule dans un champ qui ne se disloque pas.
TERET
nositi orman ili pokućstvo
hrpe knjige ili džak pun žita
uz tavanske stepenice ili pored gelendera
do lifta tegliti namernice
sa zategnutim mišicama
nositi ogledalo u kome se ne ogledaš.
ono što se odražava
spaja se u činovima istim
pomešane slike detinjstva
daleka voda
veštačka vlakna
žeđ izgužvana kao disanje
želja koja te uznosi i stid koji te pogružava
sitan novac
vreme osvojeno i vreme izgubljeno.
osvrćeš se za teretom
kao plačljivac koji plače
kao podsmevač koji se podsmeva
sve proizlazi iz svega
plod iz klice
nečistoća iz čistoće
lav iz lavlje jazbine
hijena iz hijenskog brloga
i sve nosi teret
koji se uvećava i zbraja
kao stog u polju koji se ne raspada.
LE VAURIEN
il surgit d’une rue latérale
plié comme s’il prêchait
avec mille yeux comme s’il pénétrait dans l’obscurité.
comme s’il imitait celui qui jette de l’aneth dans du bouillon
si par moments tu ne vois pas clair
si tu ne respires pas humblement
si tu ne trembles pas là où l’on te verra
alors tu construiras des murs de mousse.
l’amour moud et annule
dévore et tire une balle dans la tête
alimente son pharynx
de palais mous
d’os croquants
de porridge de flocons d’avoine et de blanc d’œil sanglant.
mais il a découvert que les sermons d’amour sont
insipides
les sermons de la vertu insensés
et que celui qui écoute semble paralysé
et qu’en rejetant tout cela
il se privera de gloire
mais la sagesse je ne peux pas la lui nier
la sagesse des fous qui tombe comme si elle te frappait à la nuque
mais elle frappe
l’éloquence qui séduit et ronchonne
mais c’est de l’éloquence
quoi qu’il en soit
quand elle prend son chapeau et le met sur sa tête
quand on la voit dans la rue
on dira
c’est un vaurien
elle ne sait pas ce qu’elle dit
mais elle se fait payer trop cher.
BITANGA
on izranja iz sporedne ulice
povijen kao da propoveda
sa hiljadu očiju kao da prodire u tamu
kao da oponaša onog koji je u čorbu bacao mirođiju.
ako u trenu ne vidiš jasno
ako ne načiniš disanje poniznim
ako ne drhtiš tamo gde će to biti viđeno
onda zidaš zidove od pene.
ljubav melje i poništava
proždire i puca u glavu
svoje ždrelo hrani
mekim nepcem
hrskavim kostima
ovsenom kašom i krvavim beonjačama.
ali on je prozirao da su besede o ljubavi
bljutave
propovedi o vrlini bezumne
i da onaj koji sluša kao da je oduzet
a ako sve to odbaci
lišiće se slave
ali mudrost mu ne mogu odreći
mudrost ludaka koja pada kao da te udara u potiljak
ali udara
rečitost koja zavodi i zanoveta
ali je rečitost
i kako god
kad svoj klobuk zgrabi i natuče ga na glavu
kad ga na ulicama spaze
reći će
to je ta bitanga
ne zna šta govori
ali dobro naplaćuje.
LE MOUCHARD
sa mère le grondait
et le protégeait de l’obscurité
des procès et des verdicts
de la colère de Dieu et de l’impétuosité humaine.
et elle voyait en lui un juste
un officier très soigné
un bon vivant et quelqu’un qui parle alors que les autres
l’écoutent
elle le voyait comme un petit valet
et un porteur de clés de coffre-fort
comme un joyeux gardien de bœufs
et un caissier dans une grande ville
comme un bienfaiteur
et un inspecteur de chantier
un agent sanitaire
un trésorier remplaçant
et elle dressait les oreilles pour savoir
quelle image jaillie
de la profondeur éclaterait sur le visage du corps de son corps.
en quoi il se transformerait
en stabilité et en connaissance peut-être
quel destin attendrait celui sur lequel elle veillait
dans le bec d’or duquel elle portait
des boules d’air en argent et de la salive sombre.
il reculait et cachait son visage
derrière des réflexions inconnues
des sons qu’elle reconnaissait à peine
et il est devenu ce qu’elle craignait.
collecteur de dettes
pitre
porteur de mallettes d’autrui
simple membre de parti et usager de fonds
faux prophète et poète bègue
mouchard de couloir
témoin protégé
orateur devant les imbéciles.
mais quoi qu’il arrive et quoi qu’il se passe
elle l’a repris
elle lui a rabattu les oreilles
et ce qui n’a pas pu être mémorisé
n’a pas pu être oublié.
DOUŠNIK
majka ga grdila
i sklanjala od tame
od suđenja i od presuda
od božjeg gneva i ljudske naglosti.
i videla ga je kao pravednika
kao upeglanog službenika
kao bonvivana i kao onog ko govori a drugi ga
slušaju
gledala ga je kao sitnog potrčkala
i kao ključara sefa
kao veselog čuvara goveda
i inkasanta u velikom gradu
kao dobrotvornog radnika
i inspektora na gradilištu
sanitarnog službenika
zamenika blagajnika
i ćulila uši da sazna
koja će slika iz dubine
bljesnuti na licu tela njenog tela.
u šta će da se pretvori
u postojanost i u znanje
kakav vid je podaren onom nad kojim bdi
kome je u zlatnom kljunu nosila srebrene
loptice vazduha i tamnu pljuvačku života.
a on je izmicao i prerušavao lice u
nepoznate odsjaje
u zvukove koje je jedva prepoznavala
i postao je ono čega se bojala.
uterivač dugova
sitno spadalo
nosač tuđih aktovki
niži partijski radnik i korisnik fondova
lažni prorok i mucavi pesnik
doušnik u hodniku
zaštićeni svedok
govornik pred budalama.
ali što god bilo i ma šta se desilo
ona ga je povratila
ona mu je punila uši
i to što nije moglo da se zapamti
nije moglo ni da se zaboravi.
L’ÂNE
il y a des traditions
quelques mots à peine réunis
de salut peut-être ou de grande chute
de futilité ou de témoignage caché
d’œil qui regarde d’un visage fracassé
d’idiot à qui la mer arrive jusqu’aux genoux.
les interprètes vont trouver le sens
il ne vont éluder ni l’âne du voisinage
ni un proche que même un conseiller ne peut pas conseiller
ou qu’un écuyer ne peut pas prendre par le licol
ni celui qui parle
et qui gesticule sur la place ou derrière la tribune
où les gens l’écoutent les visages assombris
en attendant qu’il marche sur l’eau
ou se précipite parmi les tortues.
et il parle comme si sa langue était un tison
les uns se moquent de lui
et les autres sont ses frères
il combat pour la vérité en gueulant
à chaque coin de rue il ronchonne et commande
il promet même de traverser un abîme
de sortir vivant d’un volcan
que sa parole va guérir les errants
et son feu brûler l’incrédulité.
suffit-il qu’il saute d’un pied sur l’autre et qu’il marche sur ses doigts
qu’il rejette les mots des autres et clame les siens
croit-on qu’il a quatre oreilles
l’eau lui arrive-t-elle également jusqu’aux genoux
et ne sait-il pas combien cela va lui coûter.
MAGARAC
postoje predanja
nekoliko reči jedva povezanih
da li o spasenju ili velikoj propasti
tričariji ili skrivenom svedočanstvu
oku koje gleda iz smrskanog lica
budali kome je more do kolena.
tumači će da uhvate značenje
neće zaobići ni magarca iz susedstva
ni bližnjeg koga ni savetnik ne može posavetovati
niti konjušar povesti za ular
niti onog što govori
i maše na trgu ili za govornicom
gde ga slušaju smrknutog lica
čekajući da prohoda po vodi
ili da se strmoglavi među kornjače.
a on zbori kao da mu je jezik ugarak
jedni mu se podsmevaju
a drugi su mu braća
za istinu se bori siktanjem
na svakom uglu zakera i zapoveda
obećava da će i provaliju pregaziti
da će živ izaći iz vulkana
da će njegova reč ozdraviti zabludele
a njegova vatra da će spaliti nevericu.
da li je dovoljno što skače s noge na nogu i gazi svoje prste
odbacuje tuđe reči a svoje uzvikuje
da li da mu verujemo da ima četvoro ušiju
zar je i njemu voda do kolena
i zar ne zna koliko će ga to koštati.
SERMENT
il regarde en arrière comme si tous les yeux étaient fixés sur lui
comme s’il était un taureau qu’on allait mettre à genoux
ou un flic devant lequel les innocents chanteraient.
il cligne des yeux comme s’il voulait être vu
avant de détaler dans une boutique de coiffure
comme un voyou qui se précipiterait
là où personne ne l’attendrait
avant de se plaquer les mains sur la tête comme s’il était devenu sourd.
une chouette lui donne des coups de bec sur les oreilles
devant lui elle devient folle
et devant les autres elle philosophe
ce que l’on prend pour des fadaises
se répète pour lui comme un cauchemar.
il sait tout et il ne peut pas rassembler son savoir
il a tout mais son sac n’est pas plein
ce qui tinte ne tinte pas assez
il compte les mots mais il en manque toujours un.
c’est pourquoi il se cache quand il voit un garant
les créanciers il ne les entend pas bien
ils le poursuivent et
attendent qu’il revienne de l’océan
ou à cheval d’une cachette inconnue.
et il est dans une armoire
il rédige un testament
il se plaint d’une chaise
faut-il qu’il saute ou qu’il loue des pleureuses
qu’on le chante et qu’on le lave
avant de prêter serment
dans le ministère le plus proche.
ZAKLETVA
Osvrtao se kao da su sve oči uprte u njega
kao da je bik koga će srušiti na kolena
ili pandur pred kojim će i nevini propevati.
škiljio je kao da hoće da bude viđen
pre nego što šmugne u berbernicu
kao dripac koji žuri
tamo gde ga niko ne čeka
da se uhvati za glavu kao da je ogluveo.
sova ga kljunom udara po ušima
pred njim mahnita
a pred drugima mudruje
što se drugima čini kao koještarija
njemu se ponavlja kao mora.
sve zna a ništa ne može sastaviti
sve ima a opet mu kesa nije puna
ono što zveči ne zveči dovoljno
broji reči a uvek mu nedostaje jedna.
zato se skriva kad vidi jemca
poverioce ne čuje najbolje
opsedaju ga i
čekaju da se vrati s okeana
ili da dojaši iz neznanog skrovišta.
a on je u ormanu
sastavlja testament
žali se na stolicu
da skoči ili da najmi narikače
da ga opevaju i da ga umiju
pre no što položi zakletvu
u najbližem ministarstvu.
SAINT-ANDRÉ
à Stojan Vujicic
ce n’est pas une ville où tu vas chercher des oiseaux
ou ramasser de l’herbe dans des feuillets d’herbier
suivre une taupe dans les prés
regarder comment derrière les collines
disparaissent les mèches
des nuages. du nord arrive l’hiver et les essaims
de moineaux flottent dans l’air comme des lettres mortes
et clio est à la porte du musée et souriant
elle écoute le cliquetis des pièces de monnaie. eau qui tombe des tours
odeur de camomille
de romarin. derrière la fenêtre un visage est passé comme un éclair
un broc dont personne ne va rassembler les morceaux. ô bouches vous qui êtes
gelées parmi les livres d’où l’on entend le marmottement d’un aveugle
dévastation tu te complètes dans les mains
que tout ce qui t’a jeté dans le tumulte des noms
se mette à danser maintenant dans une rue bruyante avec des fantômes.
SENTANDREJA
za Stojana Vujičića
nije to grad u kome ćeš tražiti ptice
ili skupljati travke u pregrade herbarijuma
na livadama pratiti krta
gledati kako iza pobrežja nestaje pramenje
oblaka. sa severa dolazi zima i lepršaju jata
vrabaca u vazduhu poput mrtvih pismena
a budalasta klio stoji na vratima muzeja i smešeći se
osluškuje zveket novčića. sa tornjeva pada voda
miris kamilice
ruzmarina. iza prozora lice neko minu kao odsev
vrč koji niko više neće sastaviti. o usta što ste
zaleđena po knjigama iz kojih se čuje mrmljanje slepca
pustoši što dovršavaš se pod rukama
sve ono što te je bacalo u metež imena
sada neka zapleše u bučnoj ulici sa prikazama.
LE CHAT
à Svea Haske et Maksi
quand je suis arrivé à Berlin
j’ai heurté un chat qui m’attendait
à la porte
il me regardait à la manière d’un prof scrutant un cancre.
sa protectrice m’a dit qu’il était moribond
et qu’il ne sortait plus dans le jardin ne se prélassait plus dans l’herbe luisante.
il me dévisageait comme si j’étais
quelqu’un qui vient de loin pour emporter ses chaînes.
mais vite il a compris que j’étais son frère
que mon halètement ressemblait au sien
et ma respiration à un pleur.
il était couché dans un coin le regard rivé au loin
comme s’il scrutait ce qui l’attendait là-bas.
berlin est vaste et se couche sur l’eau comme une steppe
et m’accueillera peut-être une autre fois comme un poisson
muet pour me raconter des choses sur sa vie passée
mais disposé à prêter son mutisme à n’importe quel élève.
MAČAK
za Sveu Haske i Maksija
kad stigoh u Berlin
naletih na mačka koji me sačeka
na vratima
gledao me je kao učitelj koji osmatra neznalicu.
njegova zaštitnica mi reče da je bolestan smrtno
i da već ne zalazi u vrt i ne izležava se u presjajnoj travi.
on me je odmeravao kao da sam
neko izdaleka ko će poneti njegove lance.
ali ubrzo shvati da sam mu brat
da je moje dahtanje nalik njegovom
i da je moje disanje poput plača.
ležao je u uglu prozirući daljinu
kao da je ispitivao šta ga tamo čeka.
berlin je prostran i naslanja se na vodu kao stepa
možda će me sačekati još jednom kao riba
nemušta da mi bilo šta kaže o prošlom životu
ali spreman da svoju nemost pozajmi bilo kojem učeniku.
LES MAISONS DE BRECHT
à Robert Vein
il pleut sur berlin et je me baisse sous la voûte
pour survoler les toits et descendre sous terre
pour voir le cadavre vivant couché à côté de sa bien aimée
il était disciple
il voulait savoir plus qu’un tyran et moins que la pierre
il voulait éviter les coups sournois
et se trouver chez ses amis faibles
ils portaient des vêtements légers qui ne protégeaient pas du froid
et à travers lesquels dégoulinait la pluie glacée
et je suis ici à berlin dans son nid.
l’eau ruisselle sur mes joues
et je grimpe à l’endroit où se trouvent les mots ou leur envers
la vitesse ou la somnolence
la pluralité qui doit sauver tout cela.
je monte l’escalier pour
apercevoir la pièce destinée aux entretiens
pour flairer la couche de la mort
et pour m’étonner devant les récipients des illusions
une petite terrasse et beaucoup de verres
des petits pots à la couleur passée
des cuillères avec lesquelles on arrache la nourriture
entre les phrases qui comme des essaims d’oiseaux
se nichent dans les vestibules
dans les cimes du jardin
qui brille comme la verdure tombale dans le désert.
et un peu plus loin les sentiers du cimetière
et les morts empilés comme au marché
derrière le dos les huguenots et la berta en face
de grosses têtes
des dignitaires bien taillés
des stèles avec des inscriptions
des pierres nonchalamment plantées
qui a pu les ramasser de là si ce n’est la mort
la sagesse froide qui nous apprend que nul ne
parlera de ce qu’il faut taire.
BREHTOVE KUĆE
za Roberta Vejna
kiša pada u berlinu a ja silazim pod nadsvođe
da preletim preko krovova i spustim se pod zemlju
da vidim živog mrtvaca koji leži pored svoje drage.
on beše učenik
hteo je da zna više od tirana i manje od kamena
hteo je da se skloni od podmuklih udaraca
i da se nađe kod slabih prijatelja
oni su imali tanke odore kroz koje je stezala zima
kroz koje se slivala hladna kiša
a ja sam ovde u Berlinu u njegovom gnezdu.
voda silazi niz moje obraze
a ja se uspinjem tamo gde behu reči ili njihova naličja
brzina il pospanost
mnoštvo koje je trebalo da spasi celinu.
penjem se uz stepenice da
osmotrim sobu za razgovore
da onjušim ležaj smrti
da se iščuđavam nad posudama iluzija
mala terasa i mnoštvo čaša
zdelice sa ugašenim sjajem
kašike sa kojim se grabila hrana
između rečenica koje su se poput jata
naseljavale u vežama
u krošnjama vrta što
sija kao grobni zimzelen u pustinji.
a nešto dalje grobljanske staze
i mrtvi poslagani kao na tržnici
iza leđa hugenoti a naspram berta
velike glave
stasiti uglednici
ploče sa imenima
kamenje nehajno posađeno
ko ga je tu mogao skupiti osim smrti
hladna mudrost od koje učimo da niko neće
progovoriti o onom o čemu se mora ćutati.
VARSOVIE, EN AUTOMNE
à Grzegorz
je suis arrivé à l’hôtel au sommet de l’immeuble.
le toit l’embrassait comme s’il voulait s’envoler.
en bas la vistule se heurtait aux ponts
que traversaient
les âmes des perdus.
la ville avait plusieurs côtés
de l’un soufflait le vent
dans un autre s’étiraient les rues désertes d’où je venais
le troisième comme on me l’a dit était une cafétéria
les phrases y murmuraient et se nourrissaient
de petits pains et de poissons sombres qui sentaient
la baltique.
le quatrième conduisait vers les chemins sur lesquels marchaient les mots des poètes
et leur mort avec qui ils discutaient pendant des heures.
quelques-uns étaient encore enfermés dans leurs années
ils recueillaient les papiers dont l’automne se riait.
une lourde porte donnait sur le dieu souffrant sur la croix
la vieille ville devenait de plus en plus vieille
sur les tours des messagers
agitaient des aiguilles et annonçaient avec grâce
qu’ils allaient nous envoyer des phrases finies
pour décrire le temps que nous effacions déjà.
VARŠAVA, JESEN
za Gžegoža
stigoh u hotel koji beše na vrhu zdanja.
krov ga je obgrlio kao da hoće da poleti.
dole se visla sudarala s mostovima
preko kojih su prelazile
duše izgubljenih.
grad je imao više strana
s jedne je duvao vetar
na drugoj su se pružale puste ulica odakle dođoh
na trećoj kako mi rekoše beše kafiterija
u kojoj su žamorile rečenice i hranile se
pecivom i tamnom ribom koja je mirisala
na baltik.
četvrta je vodila do staza kojom su hodale reči pesnika
i njihova smrt s kojom su raspravljali satima.
nekolicina behu još preostala zaključani u svojim godinama
skupljali su papire sa kojih se cerila jesen.
teška vrata su otkrivala boga koji je trpeo na raspeću
stari grad je bio sve stariji
na tornjevima su glasnici
mahali kazaljkama i objavljivali milost
da će nam poslati gotove rečenice
da opišemo vreme koje smo već otpisali.
LES MÂCHOIRES DE FER
elles sont comment nos villes
ils sont comment nos villages.
maison contre maison
routes imprévisibles
avalanche de véhicules
bruits innombrables.
toute habitude est coutume
toute coutume raison de sangloter
Lorsqu’on porte ou accompagne un mort
lorsque des hordes de flics se rassemblent en plein jour
lorsque l’amas de la description se dépose soigneusement dans des sachets imperméables.
nul ne sait combien il y en a
pourtant jadis le savoir était plus certain
la signature du commissaire ou de l’employé responsable
une occasion certifiant la sagesse qu’on ne pouvait pas oublier
aujourd’hui on le chasse en lançant d’en haut des mandats d’arrêt
des hommes sans nom
des femmes sans passion
des portiers sans zèle apparent.
on flaire des os et des hanches artificielles
on radiographie des mains et des mâchoires de fer
et on expédie le tout vers l’avant sans grands mots.
et quand nous passons dans la rue sur chaque balcon une poignée de prophètes
certains grimpent sur un coffre en bois pour se hisser au-dessus de nous
pour nous déverser la vérité d’en haut
des promesses partout
ils crient depuis l’écran que c’est le jour de la décision
une occasion qu’il ne faut pas rater
et qu’ils ont trouvé un belvédère permettant de voir le plus loin possible.
si tu t’arrêtes tu ne sais pas combien ça durera
si tu t’assois tu manqueras ton autobus
si tu restes songeur tu oublieras vers où tu es parti.
GVOZDENE VILICE
Kakvi su naši gradovi
kakva sela.
kuća do kuće
putevi nepredvidljivi
vozila tušta
zvukova nebrojivo.
svaka je navika običaj
a običaj razlog za ridanje
i kad smrtnika nose ili ispraćaju
i kad se policija usred dana okuplja u rojeve
i kad se tma opisa uredno odlaže u nepromočive kese.
koliko toga ima to niko ne zna
a negdašnje znanje ipak beše pouzdanije
potpis komesara ili višeg službenika
prilika koja jamči mudrost koja se ne zaboravlja
njega i danas love iz letilica bacajući poternice
ljudi bez imena
žene bez strasti
portiri bez poznate prilježnosti.
njuše se kosti i veštački kukovi
snimaju ruke i gvozdene vilice
i otpravljaju napred bez velikih reči.
a kad ulicom prođeš na svakom balkonu šačica proroka
neki se uspentraju na drveni sanduk samo da nas nadvise
da nam odozgo istinu namaknu na glavu
gde god se okreneš svuda su obećanja
sa ekrane dovikuju da je dan odluke
da je trenutak koji se ne propušta
i da su pronašli vidikovac sa kojeg se najdalje vidi.
da staneš ne znaš koliko će potrajati
da sedneš izgubićeš autobus
da se zamisliš zaboravićeš kud si pošao.
LA PROPRIÉTÉ
mon père avant de mourir
m’a dit qu’il aimerait me
parler.
jusque-là nous
échangions le vide et l’étonnement.
j’ai pensé qu’il voulait
rattraper ce qui était perdu
la vie ordinaire
ne supportait pas des conversations difficiles
qui nous rapprocheraient
et agrandiraient notre chagrin.
j’imaginais déjà que ce qu’il possédait était
passager et que ceux qui parlaient étaient méconnaissables
et cela me rendait triste qu’il
n’ait pas poussé la pierre créant l’illusion
que la vie est une construction lumineuse
et que les mots sont comme un belvédère
comment ne voyait-t-il pas que ce qu’il voulait dire
ne serait pas dit pour la première fois
comment ne voyait-t-il pas que mourir est vain
et que ça ne nous sauve pas de l’oubli.
POSEDI
kada mi je umirao otac
poručio je da bi voleo da sa mnom
porazgovara.
do tada smo
razmenjivali prazninu i čuđenje.
pomislio sam da želi
izgubljeno da nadoknadi.
običan život
ne podnosi teške razgovore
koji bi nas učinili bliskim
i koji bi našu tugu uvećali.
već sam slutio kako su posedi
prolazni i govornici neprepoznatljivi
i rastuživalo me je kako
nije odgurnuo kamen koji stvara privid
da je život svetla građevina
i da su reči poput vidikovca
kako ne vidi da to što hoće da kaže
neće biti izgovoreno prvi put
kako ne vidi da je umiranje uzaludno
i da nas ne spašava od zaborava.
Ô MOT
c’était un homme sage
il parlait de poésie. c’est difficile d’imaginer tout ça
cet empire qui sait encore prédire et chercher
dans la cendre ce qui ne peut pas être trouvé.
il clignait toujours de l’œil comme si son mandat
était approuvé en haut lieu. comme si les ambassades ne pouvaient
pas attendre sa demande pour raccourcir
les distances. comme si elles l’attendaient encore dans les délégations éclairées
et comme si le diplôme dont il s’enorgueillissait
n’était pas un motif de suspicion.
avant d’avaler quelque boisson triviale
et de se pourlécher comme un vieux connaisseur de triclinium
il s’est souvenu de son père. ainsi glorifiait-il la naissance
comme une poste qu’il ne voulait pas quitter
il l’utilisait pour s’inspirer et tomber comme ivre sur le corps
de la poésie. ô mot. il balbutiait. ô phrases. il invoquait.
et autour les rideaux des larmes tombaient et étaient comme de la neige endurcie.
il appelait un des philosophes de pythie ou un orateur mort
qui lui murmurait la détresse.
la caverne de la connaissance était pleine de fumée
y manquait le feu qui brûlerait le crépuscule
et arrangerait ses phrases dans une remise
et lui humidifierait les lèvres charnues.
le soleil ne jetait pas d’ombre sur le mur
il se creusait le cerveau pour qu’il lui glisse à l’oreille la solution.
où sont les carrelets pour les mots
où est la pince pour les pantalons
où est la fesse qui voudrait se placer confortablement
où est la caisse où l’on paie
où est l’éloquence qui blesse ce qu’elle veut sauver
la corne du mouton qui se gratte parce que ça le démange
la patrie à travers laquelle il erre pour qu’un des pères l’embrasse comme
un fils de vicaire.
où est celui qui lui dira quand il vagit
n’aie pas peur
quand il y a du vent
il ne faut pas nécessairement qu’il t’emporte
quand il y a du feu
il ne doit pas te brûler entièrement
et si tu as un manteau d’amiante
ça ne signifie pas que le diable ne te prendra pas.
O. REČI
beše jedan pametnjaković
govorio je o poeziji. teško je to zamisliti
to carstvo u kojem se još uvek vrača i u pepelu
traži ono što se ne može naći.
stalno je namigivao kao da su njegova poslanstva
na višem mestu odobrena. kao da ambasade jedva čekaju
da na njegov zahtev
skrate daljinu. kao da ga još očekuju u osvetljenom predsedništvu
i kao da diploma s kojom maše
nije povod podozrenju.
pre nego što bi popio kakvo trivijalno piće
i obliznuo se kao znalac u triklinijumu
prisećao se oca. tako je uzdizao rođenje
kao nameštenje iz kojeg nije želeo nazad
služilo mu je da se nadahne i da kao pijan padne na telo
poezije. o reči. mucao je. o rečenice. prizivao je.
a naokolo su padale zavese plačeva kao očvrsli sneg.
on je dozivao kakvog pitijskog filozofa ili mrtvog govornika
koji mu je došaptavao potresenost.
pećina znanja je bila puna dima
nedostajala mu je vatra koja bi sagorela sumrak
i slagala njegove rečenice u spremište
i vlažila mesnate usne.
sunce nije bacalo senke na zid
on je mozak napinjao da mu došapne rešenje.
gde su mreže za reči
gde su štipaljke za pantalone
gde je stražnjica koja bi htela da se udobno smesti
gde blagajna na kojoj se vrši isplata
gde je rečitost koja povređuje ono što hoće da spasi
ovčiji rog koji se češe zbog svraba
otadžbina po kojoj tumara da ga jedan od otaca zagrli kao
sina namesnika.
gde je onaj koji će mu kad zacvili reći
ne plaši se
gde duva
ne mora da produva
gde gori
ne mora da sagori
i ako imaš ogrtač od azbesta
ne znači da te vrag neće odneti.
SOUS LES NUAGES
plus il y a d’obscurité
moins il y a de sérénité
les voix lointaines et les voix de derrière l’oreille
se ressemblent comme deux gouttes d’eau
tu les entends les unes et les autres
les unes floues les autres indistinctement.
et comme si tu étais nourri
dès que tu saisis une réponse
tu confirmes que tu es vivant.
ceux qui prêchent la mastication rapide
et le péril pareil à l’œil de la justice
se voient eux-mêmes comme des juges
et comme des mages égarés dans les ténèbres
et ils jugent comme des vainqueurs et se lamentent
comme des perdants.
plus il y a d’obscurité
plus il y a de lumière
quoi qu’il en soit
nous finirons en nous endormant
mais nous disparaîtrons si nous nous réveillons.
regarde les oies sous les nuages
et les buffles dans les champs
regarde les surexcités sur les escaliers
et le vacarme sur les ponts
nous sommes passés sans arrêt
et se retourne celui qui ne reviendra pas.
POD OBLACIMA
što više tame
to manje vedrine
glasovi iz daljine i glasovi iza uha
slični su ko utroba utrobi
jedne i druge čuješ
jedne mutno druge nerazgovetno.
i kao da si nahranjen
kad uloviš odziv
potvrdio da si živ.
a oni što propovedaju brzo žvakanje
i pogibao kao oko pravde
sebe vide kao sudije
i kao vračeve i kao u tami zalutale
i sude kao pobednici i oplakuju se
kao gubitnici.
što više tame
to više svetlosti
i kako god
skončaćemo kad zaspimo
i nestaćemo ako se ne probudimo.
pogledaj guske pod oblacima
i bivole na poljima
pogledaj razdražljive na stepenicama
i vrevu na mostovima
mi smo prošli bez zastoja
a osvrće se onaj ko se neće vratiti.
L’auteur
Jovan Zivlak (1947, Nakovo), poète, essayiste et critique. Diplômé de la Faculté de Philosophie de Novi Sad, dans le Département de langue et littérature serbe.
Il a été rédacteur en chef du journal Index, ainsi que de la revue Polja. Il a dirigé la maison d’édition Svetovi. Il dirige actuellement la maison d’édition Adresa. Depuis 2000, il est aussi le rédacteur et l’initiateur de la revue Zlatna Greda et depuis 2005, fondateur et directeur du Festival International de Novi Sad. De 2002 à 2010, il a été Président de l’Association des écrivains de Voïvodine.
Jovan Zivlak a été représenté dans toutes les anthologies importantes de la poésie serbe, en Ex-Yougoslavie et à l’étranger.
Bibliographie
Poésie: Le batelier (1969), Ecole du soir (1974), Le Fourré (1977), Trépied (1979) Le Treuil (1983), Mélodie (1989), Rapport d’hiver (choix de poèmes, 1989) Serpent à sonnettes (1991), La découverte (choix de poèmes, 1993, 1994, 1995), L’île (2001), Poèmes 1979 – 2005, 2006. De la cornemuse (2010), Oni su ušli u dom naš, 2012.
Essais : Manger le livre (1996), Les Ombres d’Aura (1999), La Mémoire et les ombres (2007).
La poésie de Jovan Zivlak a été traduite dans plusieurs langues :
Trépied (en français, 1981), Penge (en hongrois, 1984), Trinoznik (en macédonien, 1985), Zol gostin (en macédonien,1991), Il cuore del mascalazone (en italien, 1994), Zly host (en slovaque, 1997), Penitenta (en roumain,1998), Poèmes choisis (en français,1999), Zol gostin et autres poèmes (en macédonien, 2007), Zol gost et autres vers (en bulgare, 2008), Gedichte, Mitlesbuch 79 (en allemand, 2009), Despre gaide (en roumain, 2009), Slizane ( en bulgare, 2012), Szczeliny czasu ( en polone, 2012), Winterbericht (en allemand, 2012).
Prix littéraires : Mlada Struga 1974 ; Pavle Markovic Adamov (poésie),1993 ; Kruna Despota Stefana Lazarevica (poésie) 1993 ; Stanislav Vinaver (Manger le livre, essai), 1995 ; Dusan Vasiljev (poésie), 1997 ; Prix Zlatna znacka KPZ Srbije (littérature et édition), 1998 ; Prix de l’association des écrivains de Voïvodine pour le livre de l’année (Les Ombres d’Aura, essai), 1999 ; Prix de Stevan Pesic (pour l’intégralité de l’œuvre ), 2001; Prix d’Octobre de la ville de Novi Sad, 2001 ; Milica Stojadinovic Srpkinja (poésie), 2003 ; Velika Bazjaska povelja (poésie), Timisoara, 2006 ; Prix Dimitrije Mitrinovic (poésie), 2010.